La Compagnie Théâtrale Mun-Nana
 
Anséko à l'école

Le contexte de notre action

Au Burkina-Faso comme dans beaucoup d’autres pays d’Afrique, le conte est l’une des formes les plus répandues de l’oralité. Il jouait plusieurs rôles dans les sociétés. Il était entre autres un outil d’éducation, d’apprentissage de la langue et un véhicule des valeurs culturelles qui se transmettent de génération en génération. Le conte était également un outil efficace de sensibilisation sur les maux qui minent la société.

Aujourd’hui, d’autres moyens de communication, et en particulier la télévision ont sérieusement amputé le temps consacré traditionnellement aux contes dans la cellule familiale et dans la société en général.

C’est au vu de cet abandon du conte qui est pourtant un élément important et utile de notre culture que je me suis engagée à lutter pour sa revalorisation et pour sa sauvegarde ce qui me permet également de partager ma culture.

 

L’idée de Anséko à l’école

L’idée initiale était d’aller conter dans les écoles pour développer le goût du conte chez les jeunes et éventuellement de créer une pépinière de nouveaux conteurs pouvant un jour prendre la relève. Au vu des premiers résultats, cette idée a évolué afin d’utiliser le conte comme un outil approprié de sensibilisation des élèves sur des thèmes actuels que sont la santé de la reproduction et la protection de l’environnement et de sensibiliser le personnel enseignant sur l’utilisation du conte comme un des outils pédagogiques de l’apprentissage des langues (souvent trois, la langue officielle, la langue de communication et sa langue maternelle).

 

Le projet conte à l’école

Pour cela, il faut réintroduire le conte à l’école qui a été traditionnellement l’un des instruments d’apprentissage de la langue et un véhicule de sensibilisation et de transmission de valeurs dans des sociétés dont le savoir était basé sur l’oralité. Cette approche ne peut être réalisée sans l’appui des autorités de l’enseignement, de la santé et de l’environnement. La Direction Provinciale de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (DPEBA) du Sourou nous soutient depuis 2008, celle du Nayala depuis 2010. Celle du Kadiogo nous a également soutenus en 2012.

 

Le déroulement d’une session de contes à l’école est de 3 jours environ et comprend plusieurs parties :

  • Séance d'échanges
  • Conte pour tous: spectacles de contes pour l’ensemble des classes de l’école
  • Scéances d’échanges et de sensibilisation entre les conteurs et les enseignants
  • Deux conte à thèmes sur la santé de la reproduction et sur l’environnement présentés par les conteurs aux classes de CM1 et CM 2 avec une assistance des professionnels de la santé et de l’environnement. Ces contes sont édités en recueil comme matériel pédagogique.
  • Ateliers de réécriture et d’illustrations des contes à thèmes sous la supervision des instituteurs et des conteurs où les élèves sont amenés à réécrire avec leur mots dans leur contexte et leur quotidien les problématiques de contes à thèmes
  • Publication d’un recueil de contes réécrits et illustrés par les enfants qui est redistribué dans les écoles

Le conte offre la possibilité d'être le lien entre la culture et l'identité du terroir et les programmes de l'éducation nationale et à la formation à terme d'un citoyen. Le conteur et l'instituteur sont chacun dans leur domaine les médiateurs entre ces deux expressions culturelles, l'un étant le détenteur du patrimoine local et de la langue, l'autre le formateur disposant d'un savoir et d'outils pédagogiques pour l'éducation des enfants. Les deux ensembles peuvent construire le pont entre les valeurs et la langue traditionnelle de la cellule familiale et les valeurs et les normes de l'éducation nationale véhiculées par d'autres langages.

A ce jour cette approche a profité à plus de 20 écoles dans les provinces du Sourou, du Nayala et à Ouagadougou. Elle a pemis d’éditer un recueil de contes à thèmes, transcrit du San par Mariam Koné et 2 recueils de contes écrits et illustrés par les élèves des écoles visitées.